On est (bientôt) le 24 décembre...

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il y a 7 ans 6 mois #1001 par steve Dumas
Réponse de steve Dumas sur le sujet On est (bientôt) le 24 décembre...
Ola,
Bon dans la série photo j'ai ça, le contrôle
Mais ici on peux voler un peu entre les gouttes.
bon courage

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il y a 7 ans 6 mois #1000 par Gilles FACQUET
Réponse de Gilles FACQUET sur le sujet On est (bientôt) le 24 décembre...
Bah voui, quand ça vole pas et que je ne peux pas photographier mes contemporains dans des postures incongrues...

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il y a 7 ans 6 mois #997 par steve Dumas
Réponse de steve Dumas sur le sujet On est (bientôt) le 24 décembre...
Ola,
On voit que le temps n'est pas au top, tu prends le temps d'écrire...
a plus
steve

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il y a 7 ans 6 mois #991 par Gilles FACQUET
On est (bientôt) le 24 décembre... a été créé par Gilles FACQUET
On est le 24 décembre en fin d'après midi, demain c'est Noël, et visiblement tout le monde s'en fout !

Les rues sont désertes, il n'y a pas une seule guirlande ou ni la moindre décoration. Les vitrines des magasins sont aussi désespérément vides que les poches des commerçants. Les enfants font la gueule, les artisans se plaignent, les paysans envisagent de manifester et les transporteurs bloques les principales route. Même les mendiants et sans abris ont déserté la région. Le seul lieu ou règne encore un tant soit peu soit peu d'animation, c'est la mission locale de l'ANPE. (Administration Néguev- Palestine de l'Economie).

Toutes les ressources de l'agence sont monopolisées pour prévenir le bug de l'an zéro : Comment, à l'avenir, va-t-on pouvoir classer les papyrus par date, si les années qui viennent vont devoir se décompter à l'envers et avec des chiffres positifs ?!... Les fonctionnaires y fonctionnent à plein régime : ils s'affairent tant qu'ils peuvent sous le regard contrit des usagers pour dissimuler leur profonde incapacité à être efficace. Ce n'est pas de leur faute : c'est le système qui veut ça. Le système et la crise qui sévit depuis de longs mois.

Voila bien la cause de tous les maux : La crise ! On nous la sert à toutes les sauces. La chômage, la hausse des prix, le manque tout, trop plein d'impôts, la grêle, les sauterelles, la sécheresse et les inondations, la maladies des moutons et la disparitions des sardines, les injustices qui se creusent, la répression policière, l'insécurité, le manque de bonne blagues au comptoir et la vin de palme bouchonné... Tout, absolument tout ce qui va de travers, c'est à cause de LA CRISE !

Et si, comme toujours en période de crise, l'immense majorité sombre dans le dénuement, il demeure toujours quelques immoraux, sans foi ni loi, pour profiter des temps troublés et amasser d'énorme tas d'or et d'argent, de blé et d'ansent. Ce sont ceux que l'on nomme "les hommes des tas".

Que fait le gouvernement pendant ce temps là ? Et bien rien, comme d'habitude : les ministres nous abreuvent d'explications aussi confuses qu'improbables, fustigeant indifféremment l'immigration clandestine, l'opposition, et la concurrence déloyale des pays en voie de sous-développement à bas coût de main d'œuvre. Et le chef de l'état dans tout ça ? Il se tient à l'écart de la rue pour mieux se concentrer sur ses obligations protocolaires et accessoirement jouir des privilèges de sa fonction. Rien de neuf sous le soleil quoi...

Certains, comme Giuseppe, estimant que la nécessité faisant loi, se sentaient libre de commettre quelques menus larcins auprès des plus riches, cela afin de subvenir à ses propres besoins les plus élémentaires. Ce dont personne ne songeait à le blâmer. Un pratique qu'il nommait "le vol libre".

On est vendredi soir, et tout est mort. C'est l'ennuie le plus total, rien à foutre.

Même la principale attraction des jours de fête ne fait pas recette. Il s'agit d'un long poteau enduit de savon noir au somment duquel on suspend généralement des jambons et des saucissons. Pour une piécette symbolique, tous ceux qui le souhaitent peuvent s'essayer à grimper et gagnent les victuailles qu'ils parviennent à décrocher. C'est ce que l'on appel le Mat au mets en terre arable. Mais ces derniers temps les cochonnailles n'ont plus guère les faveurs du publique dans la région.
.
Voila bientôt deux ans qu'il en est ainsi, et que rien ne change à Bethléem : A une semaine du nouvel an zéro, pas une seule cérémonie à la synagogue n'est prévue, pas une teuf, pas un match de foot-pastèque, pas un seul concert gratuit des Shaloming Stones n'est organisé pour marquer le coup ! A l'image des douaniers sur le port, les mouettes ne volent plus non plus : elle font la grève des ailes ! Quand aux rabbins, ils ont quittés la cité pour prendre la maquis dans la forêt. Ils sont devenus des rabbins des bois.. Eventuellement des rabbins de garenne pour ceux qui se sont installés dans la prairie.

Giuseppe en a ras l'cheichard ! Faut dire qu'il s'emmerde grave, et que ce n'est pas son emploi à mi-temps dans la menuiserie qui suffit à l'occuper. La construction est au plus bas du fait que les usuriers ne prêtent plus aux ménages pour construire. Du coup, les jeunes couples qui s'installent préfèrent se rendre aux Bricosouk qui pullulent en périphérie des grandes agglomérations de Judée pour réaliser leurs charpentes par eux même durant les week-end à rallonge qu'imposent les patrons. C'est qu'avec plusieurs jours de chômage technique par semaine, et les arrêts de chaînes qui en découlent, le temps et les maillons orphelins ne manquent pas. Cela est d'autant plus préjudiciable pour toute la Palestine, que la production de chaînes est LA spécialité industrielle et commerciale de toute la région. Jusqu'à il n'y a pas bien plus longtemps que ça, Bethléem et ses environs fournissaient en chaîne l'ensemble de l'Empire Romain, les nomades Maures marchands d'esclaves, le Royaume de Kamelott, les envahisseurs barbares venus de l'Est, les tributs Perses et les Princes des Indes, ainsi que les Vikings, tous plus grands consommateurs les uns que les autres en entraves à maillons métalliques.

Il faut bien admettre qu'en ces temps reculés, ou ni la corde à nœuds, ni les menottes n'ont encore vus le jour, on a encore rien trouvé de mieux que de bonnes chaînes pour calmer les ardeurs des opposants et autres ennemis divers et variés de l'ordre publique.

Pour en revenir à notre pauvre Giuseppe, on ne peut même pas dire qu'il puisse profiter de son temps libre pour filer le parfait amour avec sa jeune épouse. Et pourtant !... Pourtant en raison de ses origines romaines et de son fort tempérament connue de toutes et tous en Judée, on disait de lui qu'il était un "chaud latin". Mais hélas, trois fois hélas, même dans son mariage, il avait eu le sentiment de s'être fait arnaquer : Marie-Charlotte l'avait copieusement allumé avant de la laisser en plan, chaud comme la braise, le barreau sous la gorge et la djellaba dressée en chapiteau, lui promettant la suite et des lendemains qui chantent s'il consentait à faire d'elle une honnête femme.

Emporté par l'élan du moment, Giuseppe avait céder dans l'espoir d'une nuit de noce aussi apaisante que folle, et de nombreuses autres à venir dans le douillet cocon du futur foyer conjugale. Macache et peau de balle, il n'en fut absolument rien : dés la première nuit, il découvrit qu'elle était frigide, et pas prête donner du plaisir, même à son époux, si elle n'en tirait pas tout autant pour elle même. Et, depuis six mois qu'ils étaient mariés, Giuseppe n'était jamais parvenu à communiquer à Marie-Charlotte le trop plein d'amour débordant qu'il avait pour elle, et cela malgré toutes ses tentatives pleines d'ardeurs, de romantisme et de bonne volonté.

Voila déjà six mois qu'il l'avait épousé, et tout aussi longtemps qu'il n'avait pu la toucher. Au début il avait pourtant été dévoré par l'envie de cette jeune femme chaque jour un peu plus voluptueuse et rayonnante à ses yeux. Mais au bout de quelques mois, le laissé aller sans doute, elle s'était aigrie, était devenue capricieuse, avait pris du poids, beaucoup, soufflant et transpirant au moindre effort... et ses toilettes étaient devenues de moins en moins soignées. .
Giuseppe avait fini par en prendre son parti, Marie-Charlotte refusant de soulager les siennes : son épouse prenait un coup de vieux à vitesse grand V, elle allait bientôt ressembler à sa propre mère. Il ne lui restait donc bientôt plus qu'à s'occuper l'esprit et se défouler au grand air. Et pour cela, il n'avait rien trouver de mieux que d'aller se détendre en sillonnant cheveux au vent, en toute liberté et à pleine vitesse, les plaines et les collines environnantes aux commandes d'une rutilante machine customisée par ses propres soins avec passion. Il pilote son bruyant deux roues préféré les bras tendus à la force des poignets : une charrue à main !

Il ridait ainsi en pleine nature du matin au soir, dés qu'il en avait la possibilité. Les paysans du coin, habitués à le voir creuser des sillons et fendre les mottes de terre avec le soc de sa charrue, avaient fini par les surnommer "le briseur de mottes de terre et son char" , ce qui, en hébreux et sous une forme contracté, se dit aussi en tout décontraction "le Motte-char", ce qui traduit dans notre langue donnerait plus tard "un Motard".

Toutefois, cet innocent loisir n'était pas du goût de tout le monde : les Echo-low faisaient tout pour lui mettre des battons dans les trous et des pierres sous le soc. Prétextant qu'en sillonnant ainsi la plaine et les flancs des collines, Giuseppe brisait le fragile écho-système, ne permettant plus à leur voix de se réfléchir sur les surfaces auparavant si désespérément planes. Ce qui engendrerait alors selon eux, et à leurs oreilles sensibles, un insupportable désordre sonore en comparaison de l'instable équilibre de réfraction des bruits qu'ils avaient toujours entendus en pareils lieux, et depuis des générations.

Ils avaient à leur tête un meneur du nom de Moïse. Un type qui prétendait que "C'était à cause des dérèglements de l'écho-système que les ondes de la Mer Rouge étaient devenues bleu et s'étaient ouvertes devant lui alors qu'il fuyait l'Egypte à la tête d'une petite bande de voyous, recherchés eux aussi pour trouble de l'ordre biblique, que l'étable de l'Aloi lui avait été donné sur le Mont Sinaï par Lâm et Le Bœuf". En effet, la chanteuse folklorique et l'ancien champion de Foot-pastèque avaient un petit pied à terre en haut de la colline pour profiter de la vue durant les vacances de Pâques, ou encore à la Toussaint. L'étable de l'Aloi était une petite construction de bois et de pierres sèches dont les murs étaient gravés d'un ramassis de lieux communs, de toutes ces préconisations dans l'air du temps qu'il était de bon ton de promouvoir, toutes sortes de poncifs de bon aloi en somme.

Ce matin encore, alors qu'il sillonnait la plaine tout à son plaisir, Giuseppe avait croisé Moïse et sa bande d'Echo-low de plafonds en travers de son chemin. A cause de la crise, tous ces désœuvrés n'ayant rien d'autre à faire, en profitaient pour manifester bruyamment contre la pollution sonore (sic) ..... et les dérèglements de l'écho-système. Fort sagement, pour éviter les débordements de violence dont les écho-pacifistes étaient coutumiers, Guiseppe préféra abréger sa randonnée et remiser sa charrue au garage. Tant pis, dommage, mais pas grave non plus, il irait se promener seul à pieds sur les hauteurs Bethléem et, s'il fait trop froid en ce début d'hiver, il fera une flambée tout en admirant le soleil se coucher sur la vallée. Et puis c'est tout.

L'astre du jour a maintenant presque totalement disparu derrière l'horizon et plonge la ville assoupie dans un voile d'obscurité. Du haut de la colline, près du petit feu qu'il entretien pour se réchauffer, le regard de Guiseppe embrase à la fois la triste banlieue et le filet de ciel rouge sang qu'illumine pour quelques instants encore les dernières lueurs du soleil couchant. Un cri venu du fond de la vallée sort soudain Guiseppe de ses rêves. C'est Mourad qui lui hurle de descendre au plus vite, Marie-Charlotte ne serait pas bien : elle aurait roulé emportée par son embonpoint jusqu'à pied de l'Etable de l'aloi en revenant des souks et n'arriverait plus à se relever. La première pensée de Giuseppe fut que décidément cette femme avait le don de lui pourrir la vie, jusqu'ici, dans ses moments de douce solitude. Il prit une profonde inspiration avant de répondre à Mourad qu'il descendait, et qu'en attendant son arrivée on installe la fébrile à l'abri dans l'étable.

Il fait maintenant nuit, et avant de plonger vers la vallée par le chemin mal empierré qui conduirait Giuseppe à l'étable, le jeune homme rassemble une dernière fois les braises du bout d'une longue branche d'acacia. Sans s'en apercevoir, un fil de son burnous reste accroché à la branche dont l'autre extrémité repose encore sur le brasier. Et lorsque Giuseppe descend enfin à grands pas le chemin escarpé qui le mène vers la vallée, le solide fil de son épais burnous ne cède pas, rang par rang , le manteau se détisse. Pas un instant Giuseppe ne s'en rend compte. A l'autre bout du fil, attisé par la brise du soir, la branche se consume maintenant franchement.

Ce n'est qu'en arrivant dans le champs d'olivier que Giuseppe est soudainement retenu dans sa course par le long fil qui relie toujours la branche en feu à la couture du col de ce qui n'est plus qu'un embryon de burnous. Il tire un peu, mais cela résiste. Il se retourne alors, se saisi à deux mains du fil tendu tout droit jusqu'au sommet de la colline, et tire un très grand coup de toute la violence de ses forces, espérant ainsi briser net le fil...

Au pied de la colline, trois représentants de commerce au chômage, eux aussi, sirotent tranquillement un apéritif en refaisant le monde dans la douceur de la nuit. Alors qu'ils font une pause dans leurs discussions de comptoir, Gaspard est le premier à apercevoir dans le ciel désespérément noir la lueur de la branche embrasée traverser le ciel en direction de Giuseppe, ainsi que la trainée de braises qui s'en détachent. Melchior et Raoul, eux aussi, ont tôt fait de braquer leur regard sur cet étrange phénomène lumineux qui semble traverser la voute céleste de part en part silencieusement. Gaspard dit alors "Je crois qu'on a trop abusé du thé à l'amande les gars..." Melchior, après un long silence synonyme chez lui d'une intense et profonde réflexion, répondit, "Sur, c'est traitre l'amande..." et Raoul de conclure " Bof, moi c'est le thé que j'ai trouvé fort".

A l'issue d'un remarquable vol, la branche incandescente vient s'écraser à quelques mètres de Giuseppe, mettant le feu au passage aux plus hautes branches d'un olivier qui avait croisé son chemin. Le jeune homme s'empresse aussitôt d'éteindre le début d'incendie avec ce qui lui tombe sous la main, un suaire abandonné en plein champ, tout en lançant de sonores bordées de jurons. C'est en entendant ceux-ci portés par le vent, que les trois vendeurs réalisèrent qu'il ne pouvait pas s'agir d'une hallucination collective. La curiosité poussa les trois commerciaux à bondir sur leurs ânes pour suivre la direction que leur avait indiqué la lumière dans le ciel.

Et effectivement, quelques dizaines de secondes plus tard, ils étaient au pied de l'olivier miraculeux : Celui qui parlait tout seul dans la nuit. Arrivés au pied de l'arbre, les trois hommes croyant avoir à faire à une intervention surnaturelle commencent à se prosterner face au tronc béni. Implorant la toute puissance divine de leur accorder la grâce, de leur montrer sainte lumière, les chemins de la félicité, réussite dans leurs affaires et.... "Hé dites donc les trois illuminés là, au lieu de fumer des noyaux et psalmodier des niaiseries, pourriez pas m'filer on coup de pogne à descendre de c'touffu ? Voyez pas que j'suis dans l'embrouille non ?"

Levant les yeux, les trois compères découvraient leur pote Giuseppe coincé en délicate position au sommet de l'arbre, un suaire à la main couvert de traces cendre dessinant vaguement un visage barbu.

Quelques minutes plus tard, grâce à leurs aide, il avait regagné la terre ferme. Comme ils lui demandaient comment il était arrivé là, Giuseppe préféra ne pas répondre. Il leur demanda plutôt de l'emmener illico presto à l'étable sur leurs ânes afin de préserver ses orteils explosés. Les orientaux étant par tradition des gens serviables, ils ne pouvaient lui refuser ce menu service.

Arrivés à l'étable de l'aloi, les hurlements de Marie Charlotte avaient déjà alertés les voisins et le proprio : Lam , Le Bœufs, Moïse, et plein d'autres encore. Elle était là sur la paille, et c'était ma foi vrai qu'elle tirait une sale trogne la Marie-C. Giuseppe fit alors sortir toute l'assemblée, et une fois seule avec son épouse, il lui demanda tout de go qu'est-ce que c'était encore que ce boxon. La mine déconfite et un peu honteuse, elle ouvrit son manteau et découvrit un nouveau né. De toute évidence, même s'il était prématuré, sa conception était antérieure à leur rencontre. Giuseppe sentit une colère terrible monter en lui, une colère homérique comme disaient les grecs.

Ce n'était pas tant l'idée qu'il s'était fait entuber une fois de plus par Marie-Charlotte avec ce bébé, mais plutôt que le tous ses potes allaient une nouvelle fois se foutre de sa gueule qui lui était insupportable. Ils s'avaient déjà tous qu'elle n'était pas la plus aimante et tendre des épouse avec Giuseppe, alors... Il lui fallait à tout prix se trouver une issue honorable à cette affaire, et rapidement. C'est qu'ils étaient nombreux à l'attendre derrières la porte. Et là, d'un seul coup d'un seul se fut la révélation, l'illumination ! Il avait été touché par la grâce.

Il fit promettre à Marie-Charlotte de se la fermer à l'avenir, de le laisser parler, et de ne surtout plus jamais le contredire, ni en publique, ni en privé. Puis, Giuseppe ouvrit la porte et avec une verve que nul ne lui connaissait jusque là, il s'adressa aux trois commerciaux éméchés ainsi qu'à la foule qui commençait maintenant à se presser devant l'étable. Il leur expliqua l'histoire de la vierge, l'origine divine du p'tit Jean Claude, qu'on appellerait JC parce que ce serait plus commode à l'avenir, l'étoile filante qui avaient guidés les trois loustics, et puis tout le reste...

Une clameur s'élève alors de la foule présente et enfle jusqu'à devenir une explosion de joie. Jamais Giuseppe n'aurait pensé que son histoire allait aussi bien prendre, il en était le premier surpris. En fait le FC Bethléem mené par Maurice Judas, son entraineur vedette, venait de se qualifier face au Nazareth AC par 3 à 0 dans le derby qui les opposaient pour se qualifier en finale de la Coupe de la Ligue des Villes Saintes. Finale qui devrait se jouer dans deux semaines à Jérusalem contre l'étoile montante de la compétition : le Sporting La Mecque.

La foule est en liesse. La crise et les difficultés du quotidien sont totalement oubliées.

Fort de ce constat, un jeune touriste de passage prénommé jules C. en déduira une règle qui fonctionne, toujours et partout, plusieurs millénaires après : Si le peuple gronde, donner lui simplement des jeux et des héros à acclamer, il sera content.

De leur coté, les trois représentants de commerce, plutôt que de prendre le risque de passer eux aussi pour des quiches alcooliques victimes d'hallucinations, décidèrent aussitôt d'adhérer à cette thèse... voir même d'en faire la promotion à travers le pays. Ce qui avec un peu de chance pourrait bien à terme leur permettre de relancer leur petit commerce de bibeloterie et autres colifichets.

JC lui grandira comme il pourra au milieu de cette famille un peu hors normes. Pas vraiment gâté par la nature, ce grand maigre, sympa au demeurant et avec un bon fond, est, il convient de le reconnaitre un peu idiot tout de même. Dur genre dont on dit : "Il est niait le divin enfant, il est sonné aux bois et raisonne comme une musette".

Mais peu importe tout cela, un fils est toujours le plus beau aux yeux de ses parents, même naturels.

Et voila comment, en vérité je vous le dit, tout à commencé : la motoculture de plaisance, les motards, le vol libre, le mouvement écho-logique, le Saint Suaire, le marchandising, les bobards qu'on raconte au gamins en période de Noël, les manipulations des masses et tout le reste !...


CQFD ;)

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